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The Voices

22 Avril 2015 , Rédigé par Lilith Publié dans #Comédie

The Voices

       

Sept ans après le succès connu avec Persepolis, Marjane Satrapi revient ici avec un film qui fait mouche, avec Ryan Reynolds, Gemma Arterton, Anna Kendrick et Jacki Weaver.

 

        L’histoire est celle de Jerry, un salarié d’une entreprise dans une petite ville américaine industrielle. Jerry vit dans un joli appartement avec son chien Bosco et son chat Mr Moustache et commence une idylle avec une collègue de travail. Même ces visites chez sa psychologue se passent bien et il commence à se faire accepter dans son travail. Tout va bien pour lui, même si les discussions avec ces animaux le poussent à se poser des questions sur les médicaments qu’il prend.

 

        Ce film est un Ovni, un truc incompréhensible, qui je pense (et j’espère) deviendra bientôt culte.

        Alors, pour une fois je ne vais pas m’étendre sur cette critique. Oui je me doute que vous êtes heureux !

        Marjane Satrapi et Michael R. Perry (le scénariste génial) nous plonge dans un film qui joue sur les différents genres du cinéma. Durant presque deux heures, nous passons d’une comédie à un film noir, d’un Slasher movie à une comédie musical, sans oublier une scène de dialogue proche du drame. Les éléments se moquent des codes prévus dans chaque genre et les utilisent presque à leur dépend, vous y penserez quand vous verrez la scène des bois !

        Et contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce scénario ne perd jamais le spectateur à travers ces idées multiples et diverses, ou alors il faut s’endormir devant (ou ne pas comprendre l’humour…).

 

        L’idée folle de base est aidée par un jeu d’acteur exceptionnel. Si Ryan Reynolds devait prouver son talent par un seul film, c’est avec celui-là. Il joue le benêt de service, complètement perdu par les événements qui lui arrivent, mais il peut se montrer très, très inquiétant lorsqu’il s’énerve, où on craint que le film parte trop loin et perde une certaine fraicheur.

 

        Alors, maintenant parlons d’un point qui dérange certains dans la vision de la maladie. Oui ce film parle de la schizophrénie, mais non il ne s’en moque pas. Au contraire je trouve que la vision est très juste et se différencie d’autres médias dans lequel il en a été question. Je me fais l’avocat du diable peut-être, mais je suis persuadée que le scénariste et la réalisatrice n’ont pas voulu rire de la maladie, mais plutôt rire de la personne. Il est clairement dit que Jerry ne tue pas des personnes parce qu’il est schizophrène, enfin oui, mais le déroulement est trop rapide.

        Faisons de la psychologie de bas étages deux secondes. Jerry est schizophrène et entend des voix, certes. Mais ces voix ne sont que le prolongement de son inconscient. Mr Moustache pourrait être ce que Freud appelle le « Ça » (l’endroit où l’homme garde toutes ces pulsions), et Bosco serait le « Surmoi » (représentation de tous les codes de la société appris lors de l’enfance et qui empêche le « Ça » de dégénérer). Il n’est pas un tueur parce qu’il est schizophrène, mais n’arrive plus à faire la part des choses.

        Une chose intéressante dans cette histoire, est que nous voyons le déroulement par le point de vue de Jerry, ce qui permet de perdre le spectateur dans la recherche de la réalité et de la vision édulcoré de Jerry (ce qui se voit avec les « Roses » de travail portées par les employés de l’usine). Cette vision presque enfantine permet de surprendre et choqué encore plus lorsque l’on découvre l’intérieur de l’appartement de Jerry par la vision de Lisa.

        Cela est sublimé par la photographie parfaite, qui nous permet une plongée directe dans cette société américaine qui mélange ancienneté et modernité.

 

        Un énorme coup de cœur pour la scène de dialogue vers la fin entre Jerry et sa psychologue. Durant presque trois minutes nous sommes quand dans une bulle, nous oublions le temps d’un discours le film et tombons dans une discussion très intime et juste, à la limite du touchant.

 

        Nous sommes donc en présence d’un film d’une intelligence rare, qui permet d’être amusé, apeuré, mais aussi touché et séduit par les acteurs et les propos tenus.

        Le film fini d’une manière peut être brutale, ce qui peut déranger certains, mais il est tout de suite excusé par le générique de fin en comédie musicale qui est tout simplement génial (même si Reynolds a un peu de mal avec la danse)

 

ODLM

 

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