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"La boite de Pandore" de Bernard Weber

29 Janvier 2020 , Rédigé par Lilith

Après une longue (trop longue) pause, je m'attaque à présent aux livres (il faut revenir à ces premières passion)

« La boite de Pandore » de Bernard Weber est ma première expérience avec cet auteur. J’avoue que ça n’aurait pas été un livre vers lequel je serais allé malgré mon enthousiasme pour le thème de l’exploration de vies antérieures et une forme de réincarnation. Mais cadeau de noël par mon frère aidant, me voilà lancé dans la lecture de ce roman.

 

« René Toledano, professeur d'histoire, assiste à un spectacle d'hypnose au cours duquel il est choisi dans le public pour participer à une séance. Il se retrouve alors projeté dans ses vies précédentes et se demande s'il peut influer sur les événements. »

Dans ce roman, l’auteur explore la mémoire personnelle avec notamment la peur de la perdre (illustré par la maladie d'Alzheimer, mais aussi la mémoire collective et le devoir de mémoire qui se heurte à plusieurs embuches dans la vie d’une personne (version erronée par éducation ou mœurs, les maladies du cerveau ou encore la manipulation par les médias comme vus avec un personnage cliché et la « course à l’audimat »).

L’auteur parle aussi de l’importance des écrits et bien sûr les différentes versions d’une histoire car « Il y a trois visions de toutes les histoires: la mienne, la tienne et la vérité. ». Il y a une forte critique sur les programmes de l’Education nationale qui donne une version de faits historiques aux élèves mais d’après René pas forcément la « vraie version » et surtout ne pousse pas les élèves à chercher et étudier cette fameuse mémoire collective pour comprendre le monde, mais surtout et uniquement pour « avoir son bac à la fin de l’année ».

J’ai beaucoup apprécié les « immersions » dans les vies antérieurs de René, les passages étaient assez détaillés pour comprendre ce qu’il se passait et entrer (tout comme le personnage) dans cette vision du passé. Néanmoins je trouve dommage la différence de précision apportée entre les passages René et les passages de ces vies antérieurs. Il y a moins de détails, comme si l’auteur avait presque « bâclé » l’écriture des passages de la vie en 2017 pour plus s’attarder sur le récit des vies antérieures.

Malgré tout, pour avoir plusieurs fois survolé le thème de l’inconscient et nommé Freud, j’aurais apprécié que l’influence de vies antérieures sur nos phobies, toc ou addictions soient plus poussées (un peu de la manière dont la vie antérieure d’un autre personnage du roman influence un effet sur son corps). De plus, durant le récit, l’auteur nous parle plusieurs fois de l’effet papillon et pourtant malgré les décisions prises par René pour modifier des événements d’une de ces vies antérieures il n’y a aucune modification dans sa vie. Alors que le principe de cause à effet souvent utilisé dans les récits qui ont pour thème un « retour dans le passé » est souvent donné comme « toute action entraine une réaction et changer un détail dans le passé peut énormément modifier le présent à grande échelle ». Et pourtant malgré tout cela, René va modifier son passé sans que cela ne modifie jamais le présent. Si l’auteur ne voulait pas jouer sur ce principe de modification de l’histoire, peut-être ne fallait-il pas qu’il parle de l’effet papillon.

Pour ma part, le souci majeur de ce roman est le développement ou plutôt le non-développement des personnages. René, personnage principal est fade, naïf et caricatural malgré un élan d’humanité dans sa relation avec son père souffrant. Les autres personnages ne sont pas mieux, pour ne pas les nommés nous avons la collègue de boulot et le proviseur du lycée adepte du « pas de vague », l’hypnotiseuse forcément mystérieuse, le journaliste omnibulé par l’audimat et le buzz, sans oublier le psychologue qui est bien entendu « tordu » et qui est conseillé à René par la même personne qui l’avait détruit quelques pages auparavant dans un récit personnel et intime…

Les coupures d’explications entre chapitres, qu’elles soient scientifiques ou mythologiques sont extrêmement intéressantes et bien amenées sans pour autant coupé le récit mais apporte de la profondeur.

C’est peut-être ce manque de profondeur qui m’a au final gêné dans ce roman. L’idée est intéressante, les intentions sont bonnes mais à partir de la moitié du livre, l’histoire me perd en partant dans tous les sens et en jonglant sur plusieurs pistes en même temps (géants, âmes de cœur, Egypte,…). Ce qui n’est pas pour arranger la sensation d’être perdu dans les pensées de l’auteur avec certains parallèles entre population voire même religion qui sont tirés par les cheveux. Certains passages sont maladroits et n’apportent rien au récit (la prison et l’explication vaseuse de la destruction de quelque chose, l’hôpital psychiatrique,….) et traine en longueur pour finalement ne rien dire de plus. Et cette fin ouverte contraste avec la volonté de donner une opinion claire tout le long du récit.

Au final ce roman est quand même un bon moment de lecture, il fait notamment réfléchir sur la perception de ce que nous sommes ou avons été, mais se perd dans des théories historiques faciles. Ce livre m’a fait penser à un gâteau bon, appréciable, mais sans cette petite touche qui relèverait le gout.

 

« Avant que le nouveau-né sorte du corps de sa mère, un ange vient mettre son doigt sur sa lèvre supérieure et lui dit : "Oublie", pour que l'enfant ne soit pas gêné par le souvenir de sa vie précédente. Du geste de l'ange, il lui reste une trace : le petit creux entre notre lèvre supérieure et la base de notre nez, qu'on nomme "l'empreinte de l'ange". C'est pour cela qu'on ne se souvient plus de nos vies antérieures : pour qu'elles ne viennent pas nous traumatiser dans notre vie actuelle. »

« Retenez bien ça : on ne peut pas révéler brutalement aux gens ce qui s'est réellement passé. Pour celui qui est habitué aux mensonges, la vérité semble toujours suspecte. »

 

ODLM

"La boite de Pandore" de Bernard Weber
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