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Mister BABADOOK

31 Janvier 2015 Publié dans #Epouvante

Mister BABADOOK
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        Alors oui, cela fait longtemps que je n’avais pas fait un article, mais pour me rattraper voilà une petite critique sur un film qui m’a été fortement conseillé et qui m’a fait frissonner, « Mister Babadook ».

 

        Sorti le 30 Juillet 2014, le premier film de Jennifer Kent, se place parmi les rares bons apports australiens et a obtenu quatre prix au Festival du Film Fantastique de Gérardmer, dont celui du prix jury et du prix public.

        Le film relate l’histoire d’une femme, Amelia, maman d’un petit garçon de six ans, Samuel, qui tente de vivre avec le caractère incontrôlable de son fils et la mort de son mari, six ans plus tôt, toujours pas accepté. En plus de ne pas réussir à aimer son enfant, un livre de conte « Mister Babadook » est trouvé mystérieusement dans la chambre du garçon et celui-ci devient alors persuadé que la créature hante ses cauchemars. Amelia ne s’en soucie que peu, mais lorsque les visions se font de plus en plus nombreuses, elle commence alors à ressentir une présence malsaine et commence alors à douter.

 

        D’un point de vue purement artistique et visuel, la photographie est complètement dénaturée, à l’image de la maison familiale très sombre et épurée. Fait très intéressant, les deux personnages apparaissent avec des couleurs claires, dans une demeure sombre. Mais lorsqu’ils sont à l’extérieur, ils semblent plus sombres que les autres personnes autour d’eux. Cette photographie est un hommage très clair aux films muets et à l’expressionnisme allemands. On peut tout de même noter les beaux hommages à Méliès ou aux vieux films de la Hammer.

        Les effets spéciaux sont peu nombreux, laissant le spectateur entrer dans la réalité plus que sombre et troublé de cette famille, tout comme les plans qui se succèdent de manière naturelle et logique. J’ai eu un énorme coup de cœur pour le design du livre, tout en trait noir, rappelant le fusain et celui du Babadook.

        La musique n’est pas omniprésente et apparaît qu’à certains moments, principalement lors des phénomènes dû au Babadook, ce qui laisse le spectateur s’engouffrer encore plus dans l’ambiance si vide de l’espace et qui rend si mal à l’aise.

        Ce film touche énormément à la psychologie, que ce soit par la mère ou par l’enfant. Celui-ci nous présente toutes les peurs les plus profondes des enfants, comme les classiques monstres sous le lit, mais il va encore plus loin en montrant la peur de ne pas être aimé de ses parents. La fatigue autant que les nerfs mis à vif de la mère permettent d’aller encore plus loin dans le questionnement à propos de cette présence.

        La grande force de ce film presque à huit clos, est le jeu des acteurs. Noah Wiseman joue parfaitement le rôle de l’enfant perturbé par l’absence de son père, alternant les moments de tendresses et les crises de nerfs où il devient une tête à claque. Ce dernier point nous permet d’être encore plus en empathie avec Essie Davis, qui en plus de sa dépression causé par la perte de son mari, doit faire face au caractère plus que dur de son fils.

        Le fait très intéressant de ce film est qu’il ne « montre » clairement jamais le Babadook, mais laisse entendre avec des jeux d’ombres et de lumières sa présence et permet d’autant plus de se poser des questions sur la réalité de ces visions ou sur un trouble psychologique et les névroses de la mère ou de l’enfant.

 

 

        Après au niveau du scénario, même s’il est très bien ficelé à partir de la demi-heure de film, ou les phénomènes commencent à apparaitre, certain point reste flou. On peut par exemple se poser la question de la présence des acteurs secondaires qui, je trouve, n’apporte pas grand-chose dans la compréhension de ce film. Mise à part la sœur d’Amelia qui permet aux spectateurs plus sceptiques, de se trouver dans l’histoire.

        On peut aussi noter une scène que je qualifierais de faute de gout dans le sens où elle n’apporte aucun sentiment aux spectateurs à part le tant redouté « Ouai bof, mais pourquoi ? », et qui se déroule dans un lit.

        Et puis, pour finir, parlons de cette fin qui laisse tellement troublée. J’avoue qu’au premier visionnage du film, j’ai prié pour que ce ne soit réellement pas la fin, tellement cela semble bâclé. Mais une fois le début du générique, on commence à se poser énormément de questions sur la symbolique de la fin et les diverses interprétations que l’on peut faire. C’est là où ce film est génial, c’est qu’il laisse les spectateurs choisir leur fin en fonction de leur croyance, ou non, à tous ces phénomènes. Les plus cartésiens ne seront donc pas complètement déçus.

 

        Pour son premier long métrage, Jennifer Kent a frappé très fort en renouant avec les films d’horreur dit d’ambiance, qui ne tombe pas dans les codes faciles si appréciés par les adolescents en mal de sensations fortes, mais qui laisse souvent le film froid et sans profondeur. Un point très apprécié par les fans de films à suspens, il n’y a AUCUN jump scare, ce qui est, pour ma part, un détail qui a toute son importance.

        Il s’agit donc d’un premier film extrêmement bien ficelé, qui promet un bon bout de chemin à sa réalisatrice, si elle ne tombe pas dans la facilité de rester dans le même thème, car elle avait auparavant réalisé un court métrage dans la même veine que celui-ci intitulé « Monster ».

        Ce film est humain, propose de nombreuses interprétations et fait ainsi un lien avec des thèmes forts tels que les troubles psychiques, l’acceptation d’un deuil, les peurs les plus profondes et les rapports entre le monde des adultes et celui des enfants, tout en jouant avec le fameux conte du croque-mitaine.

 

ODLM

Lien Allociné

 

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